Editorial du 5 avril 2004

Chers collègues,

 

             Ce « journal des directeurs » a rassemblé pour vous plusieurs des accords locaux négociés suite à la signature de la Convention collective du 21 mars 2002. Il pourront servir de repères et de source d’inspiration dans les départements qui n’ont peut-être pas encore pris le temps de cadrer l’application des accords nationaux. Vous serez ainsi à même de juger de la pertinence  de l’outil de négociation que constitue un texte paritaire : toujours susceptible d’être revu et adapté, avec des signataires qui prennent leurs responsabilités. L’énumération n’est pas complète et d’autres accords viendront s’ajouter pour rendre compte des progrès obtenus par le SNEC-CFTC dans les prochains mois.

 

A propos de « signataires » : une anecdote. Les représentants nationaux des syndicats spécifiques des chefs d’établissement se sont récemment déclarés « signataires des accords sur le statut du chef d’établissement »[1]. L’expression était surprenante puisque, de mémoire de responsable syndical, le texte du statut n’a jamais donné lieu à une séance de signatures et qu’il a été adopté par un vote à bulletin secret lors du Comité national de l’Enseignement catholique en octobre 2001 ! En lisant de telles approximations dans un document diffusé à 5000 exemplaires, tous les chefs d’établissements du premier degré peuvent légitimement s’interroger afin de savoir qui est vraiment « aux fourneaux » dans le dossier directeurs, qui est vraiment sur le terrain de la négociation et qui se préoccupe véritablement de cet « essentiel » revendiqué dans le même courrier.

 

Le SNEC-CFTC, parmi ces « syndicats de maîtres »[2] souvent considérés d’un ton très méprisant, que ce soit en réunion ou dans certains tracts à grande diffusion,  peut véritablement se compter parmi les principaux artisans de toutes les avancées réelles qui ont concerné les directeurs ces quarante dernières années (âge du SNEC-CFTC !). Nous étions là avant et nous sommes toujours là, aux avant-postes !

 

Il nous est parfois opposé la difficulté qu’aurait  un chef d’établissement adhérent du SNEC-CFTC à se retrouver en conflit avec un salarié OGEC ou un enseignant également adhérent de notre organisation. Admettons, mais dans ce cas, la situation est-elle vraiment rendue plus difficile ? Un syndicat, de par sa dimension et sa diversité, n’est pas assimilable, par exemple, à un cabinet d’avocats dont les membres sont réglementairement tenus d’éviter ce que l’on nomme les « conflits d’intérêts ». Avant les saisines de commissions paritaires voire de tribunaux prud’homaux dans un conflit de droit privé, nous avons tout de même l’habitude d’avoir recours à toutes les étapes possibles du dialogue et de l’apaisement. La grande majorité des situations de tension ou de conflit dans un établissement  démontrent aussi la capacité d’un syndicat comme le nôtre à se poser comme médiateur, y compris entre ses membres. Nulle règle générale ne peut être dégagée, mais rappelons-nous ce point fort de l’identité CFTC : situer le dialogue social ailleurs que dans une perspective de lutte des classes.

 

Lors du dernier scrutin CCMD dont vous trouverez les résultats dans ce journal, le SNEC-CFTC est parvenu à présenter seul 23 listes (3 de moins qu’en 2001). A deux exceptions près, il a toujours obtenu des élus et il est ressorti majoritaire dans 10 départements. C’est une belle performance. Merci à tous ceux qui l’ont portée. C’est aussi un encouragement à s’efforcer dès que le nombre d’écoles est suffisant, à « monter » coûte que coûte une liste. La tâche n’est pas toujours facile surtout quand des pressions dissuasives sont exercées sur les candidats potentiels du SNEC-CFTC. La vision à la fois exigeante et réaliste de la fonction de directeur que nous promouvons répond, soyons en sûr, à une attente. Non, nous ne nous contentons pas d’une vision au rabais de nos responsabilités comme voudraient le faire croire certains qui n’hésitent pas à se considérer comme les seuls « vrais chefs d’établissement ». Oui, nous sommes attachés à une approche prenant en compte les divers partenaires et les interactions qui sont au fondement même de l’identité de nos écoles : vie associative, vie ecclésiale, authentique travail d’équipe, mission reçue de l’institution et non donnée à soi-même : une école catholique n’est pas l’affaire d’un seul individu, entrepreneur privé et seul maître après Dieu pour constituer son équipe pédagogique[3].

 

J’ai été élu au Conseil National du SNEC-CFTC lors du Congrès de Saint Laurent sur Sèvres de 1996 pour vous y représenter. Le travail au sein et en lien avec le Bureau National, avec la commission des chefs d’établissement est une expérience captivante que je souhaite à d’autres de vivre. Mon orientation vers l’Adaptation scolaire l’année prochaine va me conduire à passer la main en ce qui concerne le siège au bureau national (et au conseil) tout en demeurant à la disposition de celles et de ceux qui seront demandeurs d’un service ou d’une information. La commission SNEC-CFTC des directeurs est pleine de ressources, ce qui ne la dispense pas de s’élargir continuellement à de nouveaux membres. Je suis très confiant pour son travail avenir avec votre soutien et j’aurai plaisir à continuer de travailler dans les prochains mois au sein de l’inter-commission  du premier degré (maîtres, maîtres A.I.S., directeurs).

 

Dores et déjà, merci à celles et ceux qui ont prêté leur collaboration ces dernières années.

 

Une dernière information d’importance : le recours déposé en novembre 2003 par le SNEC-CFTC devant le Conseil d’Etat, afin d’obtenir le versement des bonifications indiciaires de traitement, demande un certain délai. Il faut donc s’armer de patience et tabler sur un jugement pour la fin 2004, voire 2005. Nous aurons, je l’espère, bientôt l’occasion de nous féliciter ensemble d’un résultat favorable.

 

                                          Jean Pierre HOUDU


 

[1] Dans un courrier non daté des SNCEEL,SYNADEC,SYNADIC,UNETP, envoyé dans les écoles à l’occasion des élections CCM du 22 janvier dernier.

[2] Rappelons que nous sommes « syndicat de personnels » et pas seulement de « maîtres ».

[3] Un récent éditorial du SNCEEL considérait le respect des avis de la commission de l’emploi comme limité aux seuls cas de pertes d’emploi, considérant les autres cas comme relevant de la « pure fantaisie » : comme quoi, il faut être attentif en cette période de négociation inachevée du futur accord.

 

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