Les Excuses de Victor

Plus c’est gros, plus ça paraît vraisemblable. C’est ce que doit se dire le petit Victor au moment de justifier ses petites bêtises.
Dans les excuses qu’il donne pour expliquer ses retards, ses absences ou ses oublis, il ne peut pas s’empêcher de mettre en scène tout l’attirail d’une superproduction cinématographique.
Ce sont des situations très quotidiennes qui glissent vers de véritables épopées héroïques, de science fiction, de cinéma muet, polars, westerns, comédies ou documentaires. Dans ce que raconte Victor, où est la limite entre le vrai et le faux ?
Les excuses de Victor sont racontées par un comédien, seul en scène, jusqu’à ce que son seul récit ne soit plus suffisant pour rendre compte de leur dimension cinématographique. Il devient alors marionnettiste, manipulant les personnages de son histoire sur un plateau de cinéma miniature. Entrent également en jeu un « assistant de réalisation », préposé à la logistique du plateau et au cadrage, et un technicien, bien à vue du public, qui fait la régie vidéo, son et lumière, en direct. Le travail de cette équipe est maintenant de tourner de véritables scènes de cinéma et de les projeter en même temps sur un écran installé juste au dessus du plateau.
Le public voit tout. L’endroit et l’envers du décor. La production et la post-production. Evidemment, on ne pourra pas tout voir en même temps. Il faudra choisir où poser son regard : du côté du tournage ou de la production, du côté de la réalité ou de la fiction, du côté que l’on voit ou celui que l’on veut nous montrer. Le plaisir de croire en la magie est-il aussi fort que celui de comprendre l’illusion ?
 
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